Pratiques exemplaires pour un Urbanisme plus soutenable

Montréal, “ville verte” ?


montréal-végétation

Crédit photo : TerriStorias


Même si elle ne s’est pas illustrée jusqu’ici par son zèle en matière de développement durable (si l’on se réfère à l’étude "US and Canada Green City Index" 1), Montréal présente indéniablement un atout "vert" : l’abondante présence de végétal en centre-ville.
Qu’il s’agisse des plantations d’arbres le long des rues, des jardins privés qui s’avancent sur les trottoirs au pied des maisons de ville, ou des nombreux parcs publics, le visiteur ne peut manquer d’apprécier son "immersion végétale" à Montréal.

C’est particulièrement vrai pour le quartier du Plateau Mont-Royal, préservé des appétits immobiliers grâce à la mobilisation de quelques organisations locales à la volonté indéfectible.
En effet, ce quartier central est non seulement bordé par le Mont-Royal (à l’ouest, 192 ha de forêt) et par le Parc Lafontaine (à l’est, doté d’un superbe théâtre en plein air et d’un lac), mais il est aussi le point de rencontre de ruelles verdoyantes à la végétation peu domestiquée (un habitat visiblement apprécié de nombreux oiseaux et insectes).


allées du Plateau Mont-Royal

Allées du Plateau Mont-Royal...


Mont-Royal

... en plein centre-ville


allées du Plateau Mont-Royal

Horizon forestier : le Mont-Royal.


rues principales du Plateau Mont-Royal

Un autre exemple est le quartier Hochelaga-Maisonneuve, marqué par la présence de nombreuses maisons de ville de type "triplex" ou "quintuplex" (voir photos ci-dessous) dotées de petits jardins privatifs à même le trottoir. Ces lieux de transition ouverts, interfaces entre espace privé et public, présentent le double avantage d’accueillir la nature en ville et d’apporter de la convivialité aux rues de ce quartier résidentiel à l’heure de l’apéritif !


quartier Hochelaga

Usages conviviaux dans le quartier Hochelaga


rues du quartier Hochelaga

Même au cœur de l’hyper-centrale rue Sainte-Catherine, très densément bâtie et sorte de temple du shopping, la nature a trouvé le moyen de s’installer, ici sous la forme d’un jardin éducatif développé par l’association Sentier Urbain sur une ancienne friche.


Aménagement par l'association Sentier Urbain

En effet, l'agriculture urbaine n'est pas en reste à Montréal : nous vous invitons à découvrir à ce sujet l'émission "Semaine Verte" du 17 mars de Radio Canada.

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Cependant, comme la plupart des métropoles, Montréal (3,7 millions d’habitants pour sa Communauté Métropolitaine, dont environ 1,65 million pour la ville de Montréal) a encore bien des efforts à faire pour compenser les impacts négatifs de ses espaces construits.
A savoir notamment la forte présence d’îlots de chaleur 2, très visibles sur cette carte publiée par l’Institut National de la Santé publique du Québec :


ilots de chaleur cartographiés

Mais une fois le diagnostic établi, que peut-on faire ? Le CEUM (Centre d’Ecologie Urbaine de Montréal) fait partie des acteurs locaux qui ont entrepris d’apporter des réponses concrètes à ce défi.
TerriStorias les a rencontrés, et vous livrera bientôt un reportage sur leur programme d’aménagement ‘La ville en vert’. Ce programme, développé en partenariat avec l’Office municipal d’Habitation de Montréal, a notamment pour but d’accélérer concrètement l’apport de végétal là où les îlots de chaleur dégradent le plus l’environnement urbain et donc la qualité de vie des habitants.

Notes

1 : Selon l’étude 'US and Canada Green City Index', qui compare les engagements pris par 27 des aires métropolitaines les plus peuplées du Canada et des USA en vue de réduire leur impact sur l’environnement, Montréal ne se classe que 19e sur 27.
Cette étude conduite par l‘équipe new-yorkaise "Economist Intelligence Unit" pour le compte de Siemens est parue en 2011.

2 : L'expression "îlot de chaleur urbain" désigne les espaces urbanisés dont les températures sont plus élevées que les moyennes régionales, du fait de leur urbanisation ((transformation de sols initialement perméables et humides en surfaces imperméables et sèches) et de l’énergie dégagée par les activités humaines (ex : aéroports, forte présence de climatiseurs ou d’industries).
Ces hausses de températures très locales peuvent affecter la qualité de vie des habitants, en particulier durant l’été (difficultés respiratoires, insolations…), tout en causant une hausse de la consommation d’énergie (du fait de la demande accrue de climatisation), de la pollution de l’air et de l’émission de gaz à effet de serre, etc.
Il existe un certain nombre de mesures connues pour lutter contre les îlots de chaleur (végétalisation, climatisation passive, zones humides, surfaces claires...).
Sources: http://www.epa.gov/heatisld/about/index.htm
et http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Elot_de_chaleur_urbain#L.27urbanisme_.28cause_et_solution_.3F.29

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A vous la parole !