Pratiques exemplaires pour un Urbanisme plus soutenable

Le CO2, une ressource renouvelable méconnue

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Sandia National Industries tente de transformer le CO2 en energie à l'aide de panneaux solaires
- © Randy Montoya/Sandia National Laboratory

Michael Braungart et Douglas Mulhall, auteurs de Cradle to cradle : Criteria for the built environment (trad. Du berceau au berceau : critères pour l'environnement bâti), ont une vision très pessimiste de la gestion des émissions croissantes de CO2 par la communauté internationale.

En effet, les sommets de Cancun et Durban n'ont pas permis d'avancées significatives, et le retrait du Canada du Protocole de Kyoto a porté un coup fatal à ce traité. Aucun accord formel sur le développement durable n’a pu être conclu entre pays développés et en développement. Les solutions menées par les organisations non gouvernementales s'avèrent tout aussi peu fructueuses : le marché du carbone n’est ni plus ni moins qu’un échange de certificats visant à contenir la crise. Quant aux techniques de capture et de stockage du carbone, elles ne sont pas assez développées pour permettre un usage à grande échelle, et ne représentent de toutes façons qu'une solution qu’à court terme.

Bien que le monde entier soit conscient des dangers d’une politique du laisser-faire en matière de gestion du CO2, aucune mesure régulatrice contraignante n’a été mise en place. Dans ce contexte, Braungart et Mulhall pensent qu’actuellement, la seule solution viable est d’adopter le dioxyde de carbone et de l’utiliser comme une ressource. En effet, le CO2 peut tout à fait être utile à l'agriculture, à l'industrie et même à l'environnement.

La solution la plus étudiée est la réutilisation souterraine du carbone, qui consiste à injecter le CO2 dans les sols en dessous des forêts pour les enrichir, ou dans des lacs qui contiennent d’importantes populations de micro-algues. Ces algues constituent l'un des plus importants puits de carbone qui existe, et peuvent "stocker 50% de leur poids sec en acides gras, et d’avoir un rendement jusqu’à 30 fois supérieur aux oléagineuses terrestres (soja, colza…). Ce cycle forcé permettrait de purifier l’eau et l’air de façon bien plus rapide, et ce sans aucune conséquence néfaste. De plus, de grandes quantités de dioxyde de carbone pourraient être associées au méthane afin de créer du « biogaz » à utiliser comme source d’énergie primaire et se substituer au bois-énergie. Sur le long terme, les nanostructures du carbone pourraient remplacer les métaux rares dans le secteur de la construction, non pas sous leur forme gazeuse toxique mais à l’état solide, de même que le verre ou l’acier.

Au final, la plupart des traitements du dioxyde de carbone l’envisagent comme un déchet dangereux, alors qu’il pourrait avantageusement être utilisé comme un outil pour purifier et reconstruire. Actuellement, le secteur de l’énergie paye cher pour séquestrer le dioxyde de carbone dans des zones isolées. Demain, le CO2 sera peut-être considéré comme partie intégrante d’un système naturel au service du bien commun.

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"Point de vue : le CO2, une ressource"
Publié par EllenMacArthurfoundation.org, le 1er mars 2012 – Auteurs : Michael Braungart et Douglas Mulhall

A vous la parole !