Pratiques exemplaires pour un Urbanisme plus soutenable

Portland explore de nouvelles pistes pour développer l’usage du vélo en ville

Crédits photos : Ville de Portland et BikePortland.org

Connue pour être une ville verte progressiste, Portland a même été mise en scène par des séries qui vantent ses atouts, à l'instar de Portlandia. La ville est fière de ses différents parcs et entreprises responsables ainsi que de son excellent réseau de transport public. Elle est par ailleurs régulièrement félicitée pour ses trains et trams, et 15% des habitants utilisent quotidiennement leur vélo en empruntant les pistes cyclables crées par la ville.
Cependant, les 85% restants, qui résident pour la plupart en banlieue, pensent rarement à ce moyen de transport en première option. Curieusement, ils sont nombreux à vouloir vivre près de sentiers cyclables ou pédestres alors même qu'ils considèrent que le vélo est le mode de transport le plus dangereux.

La ville de Portland a l'intention de tripler le nombre de pistes cyclables ; toutefois elle rechigne à engager de tels frais si seulement 15% de la population en bénéficie. Alors comment envisage-t-elle de convaincre les récalcitrants à se mettre eux aussi au vélo ?

Catherine Ciarlo, représentante de la Direction générale des Transports, souligne que la pratique du vélo n'est pas particulièrement dangereuse et que le nombre d'accidents mortels diminue chaque année.
Mais pour rassurer la population, plusieurs nouvelles pistes cyclables ont été équipées de barrières physiques qui les séparent des voies réservées aux voitures et camions (jusqu’à présent, il n'y avait qu'une ligne blanche), et sont par conséquent fréquentées par tous types de cyclistes. Quant aux boulevards cyclables, ils présentent l'avantage d'être généralement situés dans des zones plus vertes et plus calmes, ce qui les rend très populaires auprès des cyclistes.
D'autres améliorations en matière de sécurité ont été apportées, avec notamment l'implantation de feux de circulation dédiés aux cyclistes, l'ajout de lignes de séparation de couleur, et la création de "bike boxes" des espaces conçus pour la sécurité des cyclistes, en leur réservant un espace de couleur verte bien visible devant les feux de circulation.

Mais l'initiative va également au-delà des infrastructures : entre autres, une campagne publicitaire a été diffusée pour donner envie aux habitants d'adopter le vélo comme mode de transport régulier. Les personnes séduites par l'idée se voient offrir les services d'un "coach individuel de mobilité", qui les aide à préparer leurs itinéraires et à traiter efficacement les questions de sécurité.

Des “zones sécurisées” sont également mises à la disposition des cyclistes lors des Sunday Parkway Celebrations de Portland : ces manifestations, qui ont lieu le dimanche, permettent de réserver certaines zones de la ville uniquement aux piétons et aux cyclistes. Au fil du temps cette initiative a pris de l'envergure : sa fréquence est passée d'une fois par an à plusieurs fois par mois, tandis que d'autres villes ont décidé de rejoindre le mouvement.

De plus, ces villes pensent adopter plus largement les mesures mises en œuvre par Portland. Par exemple, Chicago envisage d'aménager des boulevards cyclables et Seattle s'inspire de certaines mesures de sécurité concernant la circulation à vélo. Les directeurs des Transports sont particulièrement impressionnés par l'attention portée à la sécurité et par l'association de techniques passives et proactives développées par Portland pour encourager la pratique du vélo. Portland reste clairement une exception aux Etats-Unis, mais de nombreuses villes cherchent à suivre son exemple pour devenir plus écologiques.

Publié par : Robert YOUNGBLOOD / Traduit de l'anglais par : Fabienne ORY

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