Pratiques exemplaires pour un Urbanisme plus soutenable

Colloque BIMBY : nouveaux outils contre l’étalement urbain et la pénurie de logements

Photo credits: Bimby.fr

Les 17 et 18 septembre 2012, TerriStorias (représentée par Cécile et Nathalie) a eu l'opportunité d'assister au très stimulant Colloque intitulé "BIMBY : faire émerger la ville durable des tissus pavillonnaires existants" (BIMBY étant l'acronyme de Build In My Back Yard, expression que l'on peut traduire par "Construire dans mon jardin" 1).

Durant ces deux jours, l'Ecole d'Architecture de Belleville (Paris) a été le théâtre d'échanges passionnés entre les quelques 70 intervenants et 600 participants à propos de cette "nouvelle filière de production de la ville durable, axée sur le renouvellement des tissus pavillonnaires existants"2.
La démarche BIMBY vise en effet à lutter démocratiquement contre l'étalement urbain et la pénurie de logements en France, en intervenant "là où les autres filières en sont incapables : au sein des tissus pavillonnaires existants, qui représentent la grande majorité des surfaces urbanisées en France et certainement en Europe"1.
Concrètement, il s'agit d'accompagner (par des méthodes de concertation poussées et par l'aménagement des règlementations) les propriétaires qui souhaitent diviser leur terrain pour y construire un ou plusieurs autres logements.

BIMBY se base en effet sur l'idée que "les habitants des quartiers pavillonnaires existants peuvent libérer de nombreux terrains à bâtir dans des territoires stratégiques pour les communes, si l'on décide de faire l'urbanisme avec eux"3.

Et la proposition a visiblement rencontré un franc succès auprès des habitants dans les communes "pilotes" qui ont participé à l'expérimentation menée par le CETE Ile-de-France4 et le CETE Normandie Centre (avec le soutien de l'ANR) ces 3 dernières années.
Les motivations des habitants intéressés sont très variées : bâtir un logement supplémentaire pour accueillir un parent âgé ; loger ses enfants à proximité voire leur construire un local d'activité ; financer un projet de vie (études des enfants, retraite…) grâce à la valorisation d'une partie de leur parcelle…
D'autres territoires ont d'ailleurs manifesté leur intérêt pour emboîter le pas aux pionniers : c'est notamment le cas du PNR du Vexin, de Marseille, de Rennes, de Tours ou encore de Clichy- Montfermeil.

Toute la difficulté étant de garantir à long terme les conditions d'une certaine alchimie entre les intérêts particuliers (identifiés par une concertation approfondie) et collectifs, c’est-à-dire entre les projets des habitants et celui de la collectivité territoriale.
C'était bien sûr l'un des sujets phares débattus durant le colloque, qui a également permis de faire le point sur les atouts et les risques de cette démarche, mais aussi de débattre collectivement des modalités de sa mise en œuvre opérationnelle (règlementation, méthodologie, échelle pertinente, etc.).

Nous ne manquerons pas de vous restituer bientôt l'essentiel de ce que nous avons appris lors de ce colloque : pour être informé de la publication de ce reportage, n'hésitez pas à vous abonner à notre Newsletter et à notre page Facebook !

Notes

1. Par opposition au NIMBY (acronyme de Not In My Back Yard, qui signifie "pas dans mon jardin"), qui désigne le phénomène d'opposition des habitants à des projets d'intérêt général qu'ils jugent menaçants pour leurs intérêts particuliers.

2. Source : Bimby.fr

3. Source : http://bimby.fr/content/bimby-faire-ville-sans-maitrise-fonci%C3%A8re

4. Les Centre d’Etudes Techniques de l’Equipement (CETE) sont des services publics dédiés à la recherche, à l’ingénierie, au conseil et au contrôle dans les domaines de la ville durable, de la mobilité, des risques, des infrastructures durables, etc. Ils mettent leurs compétences au service des acteurs du développement durable des territoires (services de l’Etat, collectivités territoriales, etc.).

A vous la parole !